Matthieu Boucherit  

Né en 1986 à Cholet, vit et travaille à Paris.
 


« Mue par une volonté de montrer ce qu’on ne saurait voir, Matthieu Boucherit efface pour mieux réécrire l’histoire, déconstruit et opère par soustraction afin de se loger dans cet écart minimal qui met le réel à nu ».

Marion Zilio, 2018
 

 

 

Matthieu Boucherit ancre sa démarche dans des jeux de va-et-vient, tout à la fois techniques, esthétiques et conceptuels, entre archives historiques et actualités contemporaines. 
Il développe, au fil de ses recherches, une sorte d’archéologie des représentations et des comportements qui en découlent, afin de faire émerger d’autres récits, regards et affects.
 
Son travail traque les litiges, les crises et les malaises qui secouent notre monde contemporain, en pointant l’arrière-fond idéologique de ce qui est perçu et véhiculé par diverses instances de pouvoir. 

 

Artiste pluridisciplinaire, il croise les méthodes de présentation et de représentation de différents médias — peinture, dessin, photographie, texte, vidéo, création d’ambiance —, dont il dissèque les mécanismes de fabrication en mettant en situation leurs process. Dans un vocabulaire plastique souvent inspiré des principes chimiques et physiques de la photographie, il cherche à court-circuiter la chaîne de diffusion et de réception des images. Parce que chaque époque produit un imaginaire en fonction des discours et des techniques qui lui sont associés, Matthieu Boucherit expérimente des superpositions temporelles, susceptibles de réinjecter une distance critique. Il utilise par exemple des pratiques anachroniques, tels que le gélatino-bromure d’argent sur lamelles de microscopes, ou invente des techniques post-digitales, tels que les « laptopogrammes », un procédé photographique par contact direct du papier sensible avec les écrans de nos ordinateurs (laptop). 

Détournant la finalité idéologique ou économique de certaines images d’archives ou vernaculaires, il fait de chaque document le moyen par lequel son fonctionnement historique, politique ou commercial est neutralisé, réifié ou oblitéré.

Qu’un intérêt constant se manifeste dans son travail à l’égard du contexte social n’implique pas, pour lui, de produire une représentation qui doublerait le milieu dans lequel nous baignons, ou de dénoncer ce que chacun sait. Il s’agit au contraire de pousser l’hyperdigestibilité des images jusqu’à leur point de bascule, afin de proposer une expérience, jamais fixée ou érigée en vérité universelle. Ainsi prendra-t-il la figure ambiguë du chef d’orchestre pour sonder celle du politicien, ou celle du performeur pour évoquer l’exil et les migrations sans fin auxquels sont confrontés les individus.

 

Ces déplacements de sens et de perceptions sont au fondement de sa pratique. Par ces écarts, il aborde le destin politique des images et notre rapport à ces dernières à travers les paradoxes d’une société morale en conflit avec elle-même. S’y instaurent des jeux de réversibilités entre média, points de vue, histoires collectives et personnelles, réification et sublimation.

Il fait ainsi de la réalité construite par la société et toutes les industries de l’imaginaire, une matière première dont il déplie les affres, afin d’en extraire des vérités cachées. Entre apparition et disparition, son travail exploite la latence, l’attente d’une révélation qui se dérobe de la frontalité du cliché et convoque l’intimité d’une rencontre.

 

Si sa pratique pose les conditions d’un drame contemporain, on rappellera que l’étymologie du mot drame renvoie à l’action. Aussi est-ce pour mieux tisser l’agir et le dire dans de nouvelles scènes politiques capables de briser les lois de la représentation que Matthieu Boucherit théâtralise les évènements. En se faisant dramaturge, il n’impose pas ses idées, mais les mets en scène, les donne au regard et laisse à chacun la possibilité de déstratifier les images ou de simplement les contempler. 

 

À la question des sujets, il préfère celle des « urgences », aussi cherche-t-il à engager le spectateur dans une réflexion active, devenant in fine le véritable enjeu de ses recherches.
 
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Ses œuvres ont été exposées en France et à l’étranger, lors de la Biennale de l’Image Tangible à Paris (2019/2018), à la Biennale Thessalonique en Grèce (2018), à Bandjoun Station au Cameroun (2018), au sein des expositions collectives Saout L’Mellah au Maroc (2018), 3AJEL, en temps réel (2016) et Politics Collective (2013) à Tunis. Mais aussi à l’occasion d’expositions personnelles au Centre d’Art La Conciergerie à Chambéry (2018), au Centre d’Art La Fabrique à Toulouse (2011) et pendant l’année franco-russe à l’espace Croix Baragnon, à Toulouse (2010), où il représentait la France lors de l’exposition Latence

Ses œuvres sont présentes dans plusieurs collections privées, ainsi que dans la Fondation Émerige et la Fondation Francès. Il a été récompensé de la Bourse du Collège Internationale de la Photographie du Grand Paris, en 2019 et a reçu le prix de l’Art Engagé de la Young International Artist en 2016.
 

EXPOSITIONS PERSONELLES

2019
–BIS, Galerie Valérie Delaunay, Paris, France
–Mobilités, INSA de Rouen, France (commissariat Nos années sauvages)

2018
–In picutres we trust, Centre d’Art contemporain La Conciergerie, La Motte Servolex, France
–Darkroom in use, Galerie Valérie Delaunay, Paris, France (commissariat Marion Zilio)

2016
–Salon Satellite Spirit (Solo) , avec Galerie Valérie Delaunay, Paris, France
–YIA Art Fair (Solo), avec Galerie Valérie Delaunay, Paris, France

2015 
–Dissidence, Galerie Valérie Delaunay, Paris, France
–Slick Art Fair (Solo), avec Galerie Valérie Delaunay, Paris, France

2013
–Festival Contre sens, Espace de l’Angle, Carla-Bayle, France
2011 
–Et Après ?, La Fabrique, CIAM, Toulouse, France

EXPOSITIONS COLLECTIVES (sélection)

2019

–Hors sujet, biennale de l'image tangible, Centre d'Art Plateforme, Paris

–Jardinons les possibles, Grandes Serres de Pantin, France (commissariat Isabelle de Maison Rouge)

–ZONBI, Espace le 6B, Paris, France (commissariat Alexandra Goullier- Lhomme, Mathilde et Ducange Laguerre)

–Histoires, Vingtième édition du Festival AFIAC, en partenariat avec Les Abattoirs, FRAC Occitanie. FIAC, FRANCE (commissariat Antoine Marchand, Emmanuelle Hamon et Paul de Sorbier)
–Collection J.Font, Musée des Beaux Arts de Carcassonne, France
–Dramaturkia, Chapter 1, Antwerp university, Anvers, Belgique (commissariat Azad Asifovich)

2018 
–Saout L’Mellah, galerie Chaïba Talal, Limiditi Temporary Art project, El Jadida, Maroc (commissariat Younes Baba Ali et Aude Tournaye)
–BIENVENUE Art Fair, Cité interntionale des Arts, avec Galerie Valérie Delaunay, Paris, France
–Biennale de l’Image Tangible, Villa Belleville, Paris, France
–Black and colour fields, Société Générale, Monaco (commissariat Valérie Delaunay)
–La Fabrique de l’Esprit, du regard à l’experience, Fondations Frances, Senlis, France
–Voir/ montrer la guerre aujourd’hui, faculté d’éducation de Montpellier, Montpellier, France  (commissariat Caroline Blanvilain et Marie Bidard)
–Newwwar. Its just a Game?, Fondation de Barthélemy Toguo, Bandjoun Station, Cameroun (commissariat Marion Zilio)

2017 
–6th Biennale de Thessalonique, The pros and cons of hitch-hiking, Meta Project space, Thessalonique, Grèce (commissariat Azad Asifovich & Jérôme Nivet-Carzon)
–YIA Art Fair, carreau du Temple, avec Galerie Valérie Delaunay, Paris, France
–Tremblements, Galerie Valérie Delaunay, Paris, France
–L’Actuel, Galerie Épisodique, Paris, France (commissariat Gaya Goldcymer et Jonathan Taieb)
–Identity, Galerie Underconstruction, Paris, France
–Red houses, Galerie Métropolis, Paris, France (commissariat Isabelle de Maison Rouge et Isabelle Lévenez)

2016 
–Ddessin, Paris Contemporary Drawing Fair, Atelier Richelieu, Paris, France
–État second, galerie LHoste Contemporary, Arles, France
–Figuration 2.0, Centre d’art Bouvet Ladubay, Saumur, France
–3AJEL, En temps réel, commissariat Marc Monsallier et Aicha Gorgi, Galerie Talan,Tunis, Tunisie
–Playing War, Galerie Valérie Delaunay, Paris, France

2015 
–Expressions 2.0, Galerie Valérie Delaunay, Art District, Royal Monceau, Paris, France
2014
–Chaos, Galeries Lafayette, Nice, France
2013 
–Politiques 2, Centre National des arts vivants, Tunis, Tunisie
–Art Fair Art O’Clock, La défense, avec Galerie Talmart, Paris, France
–Art Fair Art Cutlog, Atelier richelieu, avec Galerie Talmart, Paris, France
–Politiques 1, Galerie Talmart, Paris, France

2010 
–Latence, Espace III, Galerie Croix Baragnon, Toulouse, France
2008 
–A Vif, CIAM, Toulouse (Fr)

RESIDENCIES


2018 
–Projet de résidence sonore Saout L’Mellah, Limiditi Temporary Art Project, El Jadida, Maroc
2017 
–Résidence de création, Fondation de Barthélemy Toguo, Bandjoun Station, Cameroun
2010 
–Résidence de création, Espace Croix Baragnon, Toulouse, France

TALKS


2019 
–Restitution de la recherche du collège international de la photographie du Grand Paris, sous la diretction de Michel Poivert, Etienne Hatt, Aurélie Petrel.

–Déplacements, galerie Valérie Delaunay
–La peinture au delà des clivages, sous la direction d’Isabelle de Maison Rouge, Paris, France
–Mobilités, INSA de Rouen, France

2018 
–L’image en Acte, sous la direction de Michelle Debat, université Paris 8, Paris. France
–Voir/Montrer la guerre aujourd’hui, sous la direction de Caroline Blanvillain et Marie Dominique Bidard, Université d’éducation de Montpellier, Montpellier, France

2011
–Plasticité du texte et de l’image, journée d’étude, université Toulouse Jean Jaurès, Toulouse, France

COLLECTIONS


Fondation Estelle et Hervé Francès
Fondation Emerige
Fond L’Art est vivant

PRICE/GRANT


2019 Bourse de recherche-création du Centre d’expérimentation du Collège international de photographie du Grand Paris.
2016 Prix de l’art engagé, YIA Art Fair, Paris
2015 Sélectionné au Prix ARTE Beaux Arts, Slick Art Fair, Paris