Sous mes paupières tout disparaît (2018)
Vidéo HD, 4/3 couleur, boucle de 2.00min

 

Description

Pendant la guerre russo-japonaise, le psychiatre allemand Honigman propose le terme de névrose de guerre à ce que l’on nomme désormais trouble de stress post traumatique ou encore PTSD. En réaction à une situation durant laquelle l'intégrité physique ou psychologique a été menacée ou atteinte, les capacités d'adaptation du sujet sont débordées, l'événement revient sans cesse dans les pensées de l'individu en flashback, en cauchemar, ou en une sorte de reviviscence.

 

Détectés dans un premier temps chez les soldats, ces troubles se sont désormais infiltrés chez les photographes de guerre et éditorialistes quotidiennement confrontés aux images violentes, mais également chez les spectateurs, témoins à distance de ces mêmes images dans un flux constant.

 

Comme contraint de répéter une phrase qui ne peut être rendue visible, cette vidéo propose une représentation de ce qui peut, encore aujourd'hui, être perçu comme tabou.

Renvoyant à la fois aux techniques d’écriture et de répétition effectuées par les soldats avant le départ afin d’exorciser leurs craintes, mais également aux traitements des troubles par des techniques d’EMDR et par les sons binauraux, la vidéo pose ici les mécanismes de protection et de distanciation forcée en réaction à la surenchère d'images de drames et d’horreurs.

Matthieu Boucherit-Sous mes paupières tout disparaît